French poem
À Délie, IV
by Marceline Desbordes-Valmore
Toi, dont jamais les larmes N’ont terni la beauté, Enveloppe tes charmes, Enchaîne ta gaieté ; Que ta grâce divine, Sous un voile de deuil, S’abandonne et s’incline Sur le bord d’un cercueil !
Quitte cette guirlande Qui pare tes attraits ; Laisse-la pour offrande À ce jeune cyprès : C’est ici le mélange Des rosés et des pleurs ; C’est l’asile d’un ange : Qu’il dorme sous des fleurs ;
Vois-tu, sous l’herbe tendre, Ce précoce tombeau ? Là mon cœur vient attendre Qu’on en creuse un nouveau. Oui, mon fils ! l’arbre sombre Qui se penche vers toi, En te gardant son ombre, Croîtra bientôt sur moi !
Toi, dont jamais les larmes N’ont terni la beauté, Ne voile plus tes charmes, Rappelle ta gaieté. Adieu, belle Délie ; Je te rends au plaisir ; Retourne vers la vie, Et laisse-moi mourir.