Versos French Marceline Desbordes-Valmore Fête d’une ville de Flandre

French poem

Fête d’une ville de Flandre

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C’est demain qu’une ville aimée, Aimante et joyeuse, et charmée, Tout en fête s’éveillera ; C’est demain que fifres et danse, ; Parcourant le sol en cadence, Riront au peuple, qui rira !

De fleurs et de chants couronnée, Levez-vous donc, belle journée, Pour bénir mon premier séjour : Que dans vos heures sans alarme, Il ne tombe pas une larme Sur la Flandre, ma sainte amour !

Que nul serpent n’y souille l’herbe ; Que l’humble épi s’y lève en gerbe ; Comme on le voyait au vieux temps ; Que les chaînes en soient bannies, Que les mères y soient bénies ; Que les pauvres y soient contens !

Répondez, cloches bondissantes, Aux fanfares retentissantes, Chantant gloire et patrie en chœur Promenez vos belles volées, Et de vos hymnes redoublées, De ma Flandre égayez le cœur !

Ainsi que les ondes accrues ; Enfans qui remplissez les rues, N’est-ce pas que c’est doux à voir ? Ouvrez vos yeux et vos oreilles, Du jour contemplez les merveilles, Pour nous les raconter le soir.

Entrez, hameau, bourg et village : Par ces grands tableaux du vieil âge, Vous le voyez, ô bonnes gens, Si notre Philippe est encore Couronné d’un nom qu’on adore, C’est qu’il aimait les indigens !

Mais d’où vient que mon âme pleure Sur le clocher où chante l’heure, Et sonne aux autres un beau jour ? Non, dans ses fêtes sans alarme, Qu’il ne tombe pas une larme Sur la Flandre, ma sainte amour !

Mon père a chanté dans l’espace ; Où son ombre a passé, je passe, Comme lui priant et chantant : L’orgue ainsi lève sa prière, Attendrissant la nef entière ; L’orgue est triste ; il chante pourtant !