French poem
Point d’adieu
by Marceline Desbordes-Valmore
Jeunesse, adieu ! car j’ai beau faire, J’ai beau t’étreindre et te presser, J’ai beau gémir et t’embrasser, Nous fuyons en pays contraire.
Ton souffle tiède est si charmant ! On est si beau sous ta couronne ! Tiens : ce baiser que je te donne, Laisse-le durer un moment.
Ce long baiser, douce chérie, Si c’est notre adieu sans retour, Ne le romps pas jusqu’au détour De cette haie encor fleurie !
Si j’ai mal porté tes couleurs, Ce n’est pas ma faute, ô jeunesse ! Le vent glacé de la tristesse Hâte bien la chute des fleurs !
Mais, ô Dieu ! par combien de portes Reviennent tes jours triomphans ! Et que de fleurs tu me rapportes Sur la tête de mes enfans !