Versos French Marceline Desbordes-Valmore S’il m’eût aimée…

French poem

S’il m’eût aimée…

by

Listen in the reader

S’il m’eût aimée, oh ! que la vie Eût passé légère sur moi ! Si dans la mort il m’eût suivie, Que la mort m’eût fait peu d’effroi ! J’aurais trouvé des chants de l’âme, Comme l’oiseau chante le jour, Pour dire aux anges qu’une femme Était heureuse par l’amour !

Mais il écoute sans tendresse, Ma voix toujours près de pleurer ; Il est grave, il est sans maîtresse, Et rien ne le fait soupirer : Vivant seul au fond de son âme, Rappelant quelque autre séjour, Peut-être il rêve d’une femme, Qu’il vit heureuse par l’amour !

Et moi je m’effeuille dans l’ombre, Comme une fleur sur son chemin, Jamais, même quand il est sombre, Vers mon cœur il n’étend sa main, Ô solitude de mon âme, Serez-vous consolée un jour ? Le ciel bannit-il une femme Qui rêva le ciel dans l’amour !