French poem
Promenade
by Marie Krysinska (1857–1908)
Le chemin va parmi les charmes aux branches nues Aux formes sveltes qui semblent d’armures vêtues Tant l’écorce resplendit au soleil nouveau,
Car c’est l’heure ingénue et l’ingénue saison Sans l’encens des calices, sans les ardeurs qui font Langoureuses les herbes et fascinante l’eau.
Les feuilles mortes bruissent encore aux buissons Près des ajoncs vivaces dont les fleurs jaunes sont Des médailles dorées dans les pèlerinages,
Mais déjà les bourgeons — perles dans la lumière — Oscillent, sonores comme des grains de rosaire, Et se hâtent les grappes des noisetiers sauvages.
Puis, finit la charmille et voici l’horizon Large, aux vallonnements veloutés de gazon, Ligne calme et berceuse.
On dirait, sous le ciel de soie irradié — Où se brodent les branches des lointains pommiers — Des hamacs suspendus pour la paresse heureuse.