French poem
Ronde de printemps
by Marie Krysinska (1857–1908)
À Charles de Sivry.
Dans le Parc, dans le Parc les glycines frissonnent, Étirant leurs frêles bras — Ainsi que de jeunes filles Qui se réveillent d’un court sommeil Après la nuit dansée au bal, Les boucles de leurs cheveux Tout en papillotes Pour de prochaines fêtes — Dans le Parc.
Dans les Prés, dans les Prés les marguerites blanches S’endimanchent, et les coquelicots Se pavanent dans leurs jupes Savamment fripées, Mais les oiseaux, un peu outrés, Rient et se moquent des coquettes Dans les Prés.
Dans les Bois, dans les Bois les ramures s’enlacent : Voûte de Cathédrale aux Silences Où le pas des Visions se fait pieux et furtif, Parmi les poses adorantes des Hêtres Et les blancs surplis des Bouleaux — Sous les vitraux d’émeraude qui font Cette lumière extatique — Dans les Bois.
Dans l’Eau, dans l’Eau près des joncs somnolents Tremblent les étoiles plues du soleil Dans l’Eau, Et la Belle tout en pleurs Tombe parmi les joncs somnolents, Et la Belle Meurt parmi la torpeur lumineuse des flots : La Belle Espérance S’est noyée, et cela fait des ronds Dans l’Eau.
18 mai 1889.