French poem
Sentier au bois
by Marie Krysinska (1857–1908)
Lise, en cotillon clair et Lucas son promis Suivent, main dans la main, le sentier qui conduit, Au bois, où s’ouvre un décor de douce jeunesse Et de tendre langueur Devant leur jeunesse Et leur Langueur.
Sur le ciel les branchages tendent un vélum vert Où la brise met de délicats remous ; Les ombres des feuilles sous le couvert Volètent, pareilles à des papillons fous.
À terre, sous l’épaisseur des futaies, Coule, en fleuve, une blanche lumière Reflétée Par les luisants miroirs des lierres.
Les fouets des hautes herbes, Qui bordent le sentier, Retombent en élégantes volutes Transformés par le Soleil En chefs-d’œuvre d’orfèvres Aiguières aux anses déliées Guirlandes et rinceaux en vermeil.
— Ha ! l’on ne voit plus nos amoureux Disparus dans le bois vaporeux ! Seules, les voix mêlées D’oiseaux, animent la lumineuse solitude.
Parfois, tout ce monde babillard fait silence, Comme pour écouter Dans les profondeurs sereines De la forêt Le frémissement des feuilles et des branches, Pareil au bruit des cascatelles lointaines.
Pour le retour des Amants Ce généreux Soleil, ami des cœurs en joie, Allumera un miraculeux couchant : De l’or qui fond, des diamants Qui flamboient ;
Tous les trésors ravis Aux gouffres de Golconde Brûleront dans le ciel parmi La brousse rose et blonde.