Versos French Maurice Bouchor La nuit était tranquille et ténébreuse ; à peine

French poem

La nuit était tranquille et ténébreuse ; à peine

by (1855–1929)

Listen in the reader

La nuit était tranquille et ténébreuse ; à peine Quelques étoiles d’or illuminaient l’ébène De ses grands cheveux déroulés, Qui sur mon cher amour, douce face éblouie, Et tout comme une fleur du soir épanouie, Secouaient des parfums ailés.

Nous marchions tous les deux dans une extase telle Que les anges trônant dans leur gloire immortelle N’en savent pas la volupté, Et que le bruit divin de leurs luths est, je pense, Moins doux qu’un amoureux et qu’un profond silence Par une sombre nuit d’été.

Et notre jeune amour, naissant de nos pensées, S’éveillait sur le lit de cent roses glacées Qui n’avaient respiré qu’un jour ; Et moi je lui disais, pâle et tremblant de fièvre, Qu’on nous verrait mourir le sourire à la lèvre En même temps que notre amour.