French poem
L’Heure incertaine
Devant tout grand projet où l’Esprit nous embarque On guette le Trépas, on flaire son arrêt, Et calme à la surface, on demeure en secret Le sujet défiant de ce brusque monarque.
On vit toujours plus vite, et rien ne nous distrait De cette impitoyable et lugubre remarque ; En tâtant son déclin, peut-être qu’on saurait Ce qui reste de fil au fuseau de la Parque !…
Misérables calculs de la Peur, à quoi bon ! Puisque la Mort surprend même le moribond. Le temps inerte et lourd glisse comme une anguille
Des mains de l’espérance et des doigts de l’ennui ; L’existence est pour l’homme un cadran plein de nuit Dont il s’obstine en vain à voir tourner l’aiguille.