French poem
L’Étrangère
La maladie et la vieillesse Nous font hideux — blocs ou fuseaux — Et nous travaillant jusqu’aux os Nous décomposent pièce à pièce.
Mais si saugrenus, si discords Que nous rende le sort funeste, Nous revoyons notre ancien corps Dans le monstre qui nous en reste.
Hélas ! il n’en est pas ainsi Quand le fond de l’homme est moisi. Rien n’y paraît qu’une ombre infâme.
C’est en vain qu’on regarde en soi : Et l’on s’avoue avec effroi Qu’on ne reconnaît plus son âme.