French poem
L’Éternité
On guette dans la multitude La fuite de tous ses instants. Au contraire, on fige le temps En pratiquant la solitude.
À constamment voir le tableau Du monotone impérissable, On vit l’herbe, le grain de sable, Le rocher, le nuage et l’eau.
L’âge vient à si petits pas Qu’il semble qu’on n’assiste pas À ses lentes métamorphoses :
Et l’on a pleinement goûté La saveur de l’Éternité Lorsque l’on rentre dans les choses.