French poem
L’Étoile d’un fou
À force de songer, je suis au bout du songe ; Mon pas n’avance plus pour le voyage humain, Aujourd’hui comme hier, hier comme demain, Rengaine de tourment, d’horreur et de mensonge !
Il me faut voir sans cesse, où que mon regard plonge, En tous lieux, se dresser la Peur sur mon chemin ; Satan fausse mes yeux, l’ennui rouille ma main, Et l’ombre de la Mort devant moi se prolonge.
Reviens donc, bonne étoile, à mon triste horizon. Unique espoir d’un fou qui pleure sa raison, Laisse couler sur moi ta lumière placide ;
Luis encore ! et surtout, cher Astre médecin, Accours me protéger, si jamais dans mon sein Serpentait l’éclair rouge et noir du Suicide.