French poem
La Débâcle
L’orfraie a rendu son oracle. Venu vite, le soir se bâcle ; L’écluse émet d’horribles sons, Puis, avec d’immenses frissons, Partout craque… C’est la débâcle !
Et l’on voit l’effrayant miracle D’un vitreux peuple de glaçons Debout, haut comme des maisons, Dépassant les rochers qu’il racle.
Magnifique et hideux spectacle ! L’énorme glacier vagabond Roule les murs d’un habitacle, Emporte les pierres d’un pont. Le vent qui s’acharne répond Aux banquises couchant l’obstacle.
D’aspects et de bruits plus funèbres ? Jamais personne n’en rêva ! Fantomal, blanc, cela s’en va… En clapotant, l’onde, à pleins bords, Semble ramper dans les ténèbres Sous des multitudes de morts.