French poem
Le Remords
Plus de brise folle Sur les talus : La frivole Ne vole Plus ! L’âpre soleil rissole Les grands fumiers mamelus.
Plus d’oiseau loustic. Sur le roc rouge Très à pic L’aspic Bouge. L’homme dévale au bouge, L’insecte fait son tic tic.
Le bois gigantesque A la stupeur D’une fresque. J’ai presque Peur ! L’étang par sa torpeur Est d’un affreux pittoresque.
Et je souffre, hélas ! Jusqu’à la fibre : Et mon pas N’est pas Libre. Plus une aile qui vibre Dans l’air où j’entends un glas !
D’êtres nul vestige. Dans mon linceul De vertige Lourd, suis-je Seul ? Plus courbé qu’un aïeul, Je marche. — L’étang se fige.
Mon cœur repentant Dont tu te moques, Ô Satan ! Est en Loques. Oh ! les noirs soliloques Que je marmotte en boitant !
Le soleil s’élève Comme un drap d’or. L’eau qui rêve Sans trêve Dort, Pendant que le remord Me taillade avec son glaive.