Versos French Maurice Rollinat Le Sceptique

French poem

Le Sceptique

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L’Homme à Part entre tous les temps, Le fabuleux homme moderne Débite ainsi d’une voix terne, Quelques aveux impénitents :

« Suis-je bon ? non, je suis mauvais Je note le bien que je fais.

Pardonneur ? j’en ai l’air. Pourquoi ? Parce que je hais de sang-froid.

Sincère ? à peine avec l’enfant ; Avec l’homme un peu moins souvent.

Modeste ? dame ! il est certain Que j’ai l’orgueil fort clandestin.

Juste ? en cherchant, il se pourrait Que j’eusse un faux poids, l’Intérêt.

Mystique ? Allons donc ! c’est ma chair Qui me coûte encor le plus cher.

Doux ? entre nous, est-ce le nom ? Doucereux, je ne dis pas non.

Sage ? très ou pas, ça dépend, Car je suis linotte ou serpent.

Voilà ! ne croyez pas surtout Qu’au fond je me prenne en dégoût !

Le Pervers tranquille et moqueur, Le Franc Sceptique, c’est mon cœur ! »

— Dans ta confession où perce la jactance Tout est vrai hors le dernier point : Indifférent ? tu ne l’es point, Tu n’as que le dépit pour railler l’existence, Et tu mâches ton fiel intérieurement, Hypocrite du calme et du ricanement. Va ! tes vices tirent la chaîne De la vieille Perversité ; Dans l’ornière du mal, ta misère se traîne ; Et ta moderne vanité Ne rabâche que la rengaine De la si monotone et plate humanité.