French poem
4 (Le parc sent bon après la…)
by Maurice Vaucaire (1863–1918)
Le parc sent bon après la pluie, Et le vent du matin essuie Les arbres, les herbes, les fleurs. Cette humidité-là nous grise, La nature sèche ses pleurs Voulant faire oublier sa crise, Et, sous le ciel clair et vainqueur, Nous enveloppe de tendresse, Ainsi qu’une chère maîtresse Après un orage du cœur.
Ô toi Nature ! exquise femme ! Toi, la femme de l’Univers, Parfume-nous, emplis-nous l’âme De musiques et de beaux vers ! Chaque jour change de costume : Hier en azur, demain en brume ; Sois coquette, cours, distrais-nous, Nous t’adorerons à genoux.
Cette nuit l’eau t’a réveillée, Et c’est pourquoi nous nous troublons En aspirant ta chair mouillée Que le soleil par la feuillée Illumine de satins blonds.