French poem
41 (Le soir qu’Amour vous fit en…)
by Maurice Vaucaire (1863–1918)
Le soir qu’Amour vous fit en la salle descendre Pour danser d’artifice un beau ballet d’amour… Le ballet fut divin, qui se souloit reprendre, Se rompre, se desfaire, et tour dessus retour Se mesler, s’escarter, se tourner à l’entour, Contr’imitant le cours du fleuve de Méandre. Ses jolis bras en l’air, ses petits doigts tordus, Au milieu d’une scène et de décors énormes, Prenant des gestes fous, presque épileptiformes, Elle saute, tressaute, ouvre ses yeux fendus, Les referme, sourit, rit plus fort, se déhanche, Et soulève en tournant sa courte jupe blanche. Sa jupe c’est un flot de longs rubans disjoints Pris au corset, tenant des grelots fins en cuivre. Quand elle se balance ou marche, on devient ivre, On voudrait la tenir bien haut entre ses poings, Tout comme ce danseur à la valse finale Qui l’enlève dans un feu rose de Bengale.