French poem
Portia
by Oscar Wilde
Je ne m'étonne point que Bassanio ait été assez téméraire pour risquer tout ce qu'il possédait sur le plomb, et que le fier Aragon ait courbé si bas là tête, que ce coeur ardent du Maroc se soit refroidi;
car dans ce somptueux costume lamé d'or, et qui a plus d'or que le soleil doré, aucune des femmes contemplées par Véronése n'avait la moitié de la beauté que je contemple.
Et pourtant tu étais plus belle quand, te protégeant du bouclier de la sagesse, tu prenais la robe sévère du légiste, et que tu empêchais les lois de Venise de livrer
le coeur d'Antonio à ce Juif maudit. O Portia, accepte mon coeur; il t'appartient de droit, je crois que je n'élèverai point de chicane sur mon engagement.