French poem
Promenades De Magdalen
by Oscar Wilde
Les petits nuages blancs luttent à la course à travers le ciel, et les champs sont parsemés de l'or de la fleur de Mars. L'asphodèle surgit sous les pieds, et le mélèze orné de franges oscille et se balance quand le sansonnet pressé passe tout près.
Une délicate odeur se dissémine sur les ailes de la brise matinale, odeur de feuilles, et de gazon, et de terra fraîchement retournée. Les oiseaux chantent gaiement l'heureuse naissance du Printemps, et sautillent de branche en branche sur les arbres qui se balancent.
Et partout les bois sont animés par le murmure et les bruits du printemps, et le bourgeon de rose éclate sur l'églantine grimpante, et la masse des crocus est une frissonnante lune de feu, bordée de toutes parts d'un anneau d'améthyste.
Et le platane dit à demi-voix au pin quelque conte d'amour, si bien que celui-ci, sans sourire, s'agite et secoue son manteau vert, et l'obscurité, dans le creux de l'orme des montagnes, s'illumine de l'éclat irisé que jette l'arc-en-ciel brillant sur la gorge et la poitrine argentée de la colombe.
Voyez, là-bas, l'alouette quitte brusquement son lit dans la prairie en brisant les fils de la Vierge et les réseaux de la rosée, et filant au cours de la rivière, pareil à une flamme bleue, le martin-pêcheur vole comme une flèche et fend l'air.