French poem
A Madame Ed. Rémillard
by Pamphile Le May (1837–1918)
Sèche tes pleurs, heureuse mère: Le jour où ton fruit gracieux Laissa cette pauvre terre, Tu donnas un ange aux cieux.
Contemplant sans cesse, en extase, Comme une fleur dans un beau vase Cette âme blanche en ce beau corps, Un ange veillait auprès d'elle, Et gardien aimable et fidèle Il ne la quitta pas alors!
Cette enfant tant chérie Sur ton coeur s'est flétrie Malgré l'effort de ton amour. Dieu te l'avait donnée Mais déjà couronnée Pour la fête de son séjour.
Déjà son aimable sourire Jetait dans un divin délire Ton coeur qui bénissait le ciel, Quand sa petite lèvre rose, Pareille à la fleur demi-close Sentait le baiser maternel.
Comme dans les vallées De silence voilées Le berger-aperçoit souvent De la frêle pervenche petite fleur blanche S'en aller au souffle du vent,
De même une haleine mortelle Vint de la tige maternelle Détacher l'adorable enfant, Mais l'ange, chantant son cantique, Avec elle, au divin portique, Alors s'envola triomphant.
Sèche tes pleurs, heureuse mère: Le jour où ton fruit gracieux Laissa cette pauvre terre, Tu donnas un ange aux cieux.