Versos French Pamphile Le May Au laboureur

French poem

Au laboureur

by (1837–1918)

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Depuis l'aube d'opale et la fraîche rosée, O vaillant laboureur! ne s'est point reposée La charrue au coutre tranchant, Ne s'est point reposé le boeuf aux longues cornes. Le sol grince toujours, et toujours des yeux mornes Regardent tristement ton champ.

A quoi donc songes-tu quand tu vas tête basse, Ouvrant dans le sol noir, malgré ta jambe lasse, Un sillon après un sillon? Vois-tu les blés flotter comme des oriflammes? Songes-tu que le ciel, pour réveiller les âmes, Les déchire de l'aiguillon?

L'Angélus du midi dans le vieux clocher tinte. Quitte les mancherons. Ta foi n'est pas éteinte, Vieux laboureur aux bras tannés. Signe-toi. Lève haut ton front coupé de rides. Le labour fait verdir les sols qui sont arides, La prière, les coeurs fanés.