French poem
Au Large
by Pamphile Le May (1837–1918)
L'ancre est levée. Il vente. Au large le chaland Qui dormait sur les eaux depuis une huitaine! La voile qui se gonfle et fait plier l'antenne Semble, dans sa blancheur, l'aile d'un goéland.
Le vaisseau tangue et berce, et son essor est lent. Le port est éloigné, l'arrivée, incertaine. La mer a ses secrets; mais le vieux capitaine Sait la scruter encor de son oeil vigilant.
Tout là-bas, sur l'écueil qui geint comme une enclume, Avec la vague sombre et les flocons d'écume, On entend se briser la chanson des marins.
La vie est une mer souvent bouleversée, Et les hommes s'en vont—éternels pèlerins— Chantant avec les vents pendant la traversée.