French poem
L'abeille et L'enfant Gourmand
by Pamphile Le May (1837–1918)
La gourmandise, d'ordinaire, Est la passion, de l'enfant, Qui prête un charme imaginaire Au fruit qu'on lui défend, A ce mal donnons le remède En la convenable saison, Mais il ne faut pas qu'on excède Ce que demande la raison.
Un enfant renommé pour sa gloutonnerie Et ses mauvais desseins, Découvrit des essaims Cachés dans les buissons, au bord de la prairie:
—Du miel! s'écria-t-il, et pour un bon repas!... L'eau m'en vient à la bouche!... C'est à peine chez nous si l'on veut que j'en touche; J'en goûte un peu parfois, mais je n'en mange pas.
Sur un tronc, aussitôt, lestement il se juche Et porte sur la ruche Une indiscrète main. Une abeille, soudain, Lui dit, tout en colère:
—Va-t'en, petit gourmand; Peux-tu croire, vraiment, Que ma bonté tolère Une telle action? Tu mérites punition.
Et, sans attendre de réplique, Dans son transport Elle le pique En se condamnant à la mort.
Au pauvre donnez une obole: Il est beau de s'apitoyer; Mais contre l'effronté qui vole Défendez bien votre foyer.