Versos French Pamphile Le May Les Chasseurs Iroquois

French poem

Les Chasseurs Iroquois

by (1837–1918)

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—«Comme les flots du lac lorsque le vent s'endort «Tes pas sont enchaînés, Tonkourou. Dans le fort «Hâtons-nous d'arriver, ou, je puis te prédire «Que nous ne pourrons pas, même au dernier navire, «Vendre les riches peaux dont nous sommes chargés: «Et d'attendre au printemps nous serons obligés «Pour prendre le chemin de nos lointains villages.» Ainsi, l'air mécontent, disait l'un des sauvages Avec qui Tonkourou s'était associé. Et Tonkourou reprit:—«Frère, ton amitié «M'est douce comme l'ombre au milieu de la plaine, «Quand passe sur nos fronts une brûlante haleine. «J'ai guetté fort longtemps, au bord d'un grand ruisseau, «Pendant que vous marchiez, le castor le plus beau: «A la fin je l'ai pris, quelle peau fine et grande! «Voyez!...» Alors, riant, un autre de la bande Dit au vieux Tonkourou, lui montrant mille peaux: —«Peux-tu nous faire voir de semblables morceaux? «Sans tant nous arrêter, nous faisons nos captures,» Tonkourou regardait les superbes fourrures, Ne pouvant s'expliquer un aussi grand bonheur. Et l'iroquois reprit, subtil et raisonneur: —«C'est le droit du plus fort que les visages blêmes «Nous enseignent souvent et pratiquent eux-mêmes. «Nous avons rencontré quelques pâles traiteurs «Et nous nous sommes faits, pour leur plaire, acheteurs. «Nous les avons payés avec du plomb. Leurs têtes «Sont encore tout près, sur les muettes crêtes «De ce petit rocher que tu viens de franchir. «Nous les avons tués... mais pour nous enrichir,» Tonkourou ne dit rien. Et, la tête baissée, Il allait le coeur plein d'une triste pensée. C'était loin vers le nord que marchaient les chasseurs. Se moquant des dangers et toujours agresseurs, Rien ne les arrêtait: ni les torrents rapides, Ni les rochers abrupts, ni les ravins perfides, Ni les rameaux épais de l'épineux buisson: Ils voulaient arriver jusqu'à la mer d'Hudson.