Versos French Pamphile Le May Les Deux Contraires

French poem

Les Deux Contraires

by (1837–1918)

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Chacun agit à sa manière Et marche au but tant bien que mal: N'étant pas d'humeur chicanière, Je dirai que ça m'est égal. Cependant un conseil ne saurait jamais nuire, Et l'un seul d'entre vous dit-il en profiter, Que je ne saurais hésiter, Pour l'instruire, A vous l'offrir à tous avec mes compliments; Tenez-moi compte, au moins, de mes bons sentiments.

Deux amis, qui restaient dans le même village, N'avaient pas du tout Le même goût; Tous deux ils faisaient étalage De leurs principes faux Qu'ils croyaient sans défauts.

L'un disait:

Que la vie est brève! On travaille, on espère en vain: Ce n'est rien qu'un beau rêve Qui peut finir demain, Et, se croisant les bras, il restait sans courage, Et son ouvrage Ne se faisait pas, Il était indigent et, plusieurs fois l'année, Dans la journée, Il ne faisait qu'un seul repas, L'autre, tout au contraire, un esprit fort Et croyait à la mort Toujours se soustraire, Il travaillait beaucoup, Et traitait le bon Dieu comme chose importune... Il fit une fortune Et mourut tout à coup.

Voici la leçon qui doit suivre: Travaillez comme ni vous deviez toujours vivre, Puisqu'ici le travail est un divin impôt, Mais vivez en pensant que vous mourrez bientôt.