French poem
Monsieur Alfred
by Paul Avenel (1823–1902)
Monsieur Alfred n’est plus des nôtres. Il a fait comme beaucoup d’autres, À l’empereur il a vendu Son tout petit individu, (bis) Ce député de camelotte. Porte à présent frac et culotte En l’honneur du petit chapeau… Il a déserté son drapeau, (bis)
Monsieur Alfred est un parjure Qui salit jusqu’à sa roture, Car, descendant d’un perruquier Il se conduit comme un Pasquier. (bis) Au séné passant la rhubarbe, De rouge il n’a plus que la barbe, Mais à la cour il fait le beau… Il a déserté son drapeau. (bis)
Monsieur Alfred socialiste S’est fait fervent bonapartiste ; Pour vouloir manger de ce pain Fallait qu’il eût diablement faim (bis) Paris le fit sortir de terre, Il n’était rien, l’ingrat préfère Être familier du château… Il a déserté son drapeau. (bis)
Soit par calcul, soit par bêtise Ainsi qu’on change de chemise, Alfred a changé de serment, il est né pour le changement, (bis) Quand on l’accueille aux Tuileries : Il paie en basses singeries Sa petite part du gâteau… Il a déserté son drapeau. (bis)
Monsieur Alfred, là, fait la roue, Mais c’est un paon que l’on bafoue Bien qu’il accepte le mandat De mouche du char de l’État, (bis) Un jour, il dira : qu’on fusille De l’Élysée à la Bastille, Je vaux Ponsard et Pastoureau !… Il a déserté son drapeau ! (bis)