French poem
Martin-Bidauré
by Paul Avenel (1823–1902)
Écoutez peuples de France Ainsi que les habitants Des pays environnants, Comment dedans la Provence, L’honorable Pastoureau De préfet devint bourreau.
Pour fonder l’second empire Dans l’département du Var, Monsieur Pastoureau-z-eut l’art De s’conduir’ comme un vampire, En tuant les habitants Qu’il appelait des brigands.
Sur le bord de la lisière Des confins d’une forêt, Cet astucieux préfet Tendit une souricière : Qu’est-ce qui s’y est fourré ? C’est Martin-dit-Bidauré.
Martin était honnête homme À Barjols il habitait, Aussi Monsieur le préfet L’envoya fusiller comme, On fusille un insurgé, Avec un fusil chargé.
Mais Dieu protégeait son âme : Le Martin’ne passa pas Alors de vie à trépas, Mais il était dans l’programme Que ce pauvre malheureux Malgré lui mont’rait aux cieux.
Martin veut revoir son chaume : Il se relèv’ tout sanglant, Et s’en va clopin-clopant Au beau château de la Beaume ; Mais le fermier du château, Le relivre à Pastoureau,
Ce protecteur d’ la famille Voyant cet homme meurtri, Dit : de quoi est-il pétri ? Vite, qu’on le refusille ! — Cassagnac est spadassin, Mais c’préfet est assassin.
Pour ce fait si plein de gloire, On donna d’l’avancement À ce Pastoureau charmant, Il règne dans l’Indre-et-Loire… Moins généreux que l’destin Cet homm’-là f’ra son chemin.