French poem
À Edmond Lepelletier
Mon plus vieil ami survivant D’un groupe déjà de fantômes Qui dansent comme des atomes Dans un rais de lune devant
Nos yeux assombris et rêvant Sous les ramures polychromes Que l’automne arrondit en dômes Funèbres où gémit le vent,
Bah ! la vie est si courte en somme — Quel sot réveil après quel somme ! — Qu’il ne faut plus penser aux morts
Que pour les plaindre et pour les oindre De regrets exempts de remords, Car n’allons-nous pas les rejoindre ?