French poem
À Gustave Lerouge
La vie est vraiment si stupide que, ma foi ! J’ai, devant cette perspective plus que bête, Résolu de n’être absolument qu’un poète Sans plus, et de vieillir ainsi, ne sachant quoi
Que ce soit, que d’aimer au hasard devant moi. Aimer pour ne haïr, aimer d’amour honnête Ou non, d’estime ou d’intérêt, en proxénète À moins qu’en martyr, et n’ayant plus d’autre émoi !
Lerouge ! El vous ? Tout cœur et toute flamme vive, Qu’allez-vous faire en notre exil ainsi qu’il est, Vous, une si belle âme en un monde si laid ?
Bah ! faites comme moi, dussent trouver naïve Votre ample expansion ceux forts que fallait Aimer sans fin ni loi. Et qui m’aime me suive !