French poem
A Horatio
Ami, le temps n'est plus des guitares, des plumes, Des créanciers, des duels hilares à propos De rien, des cabarets, des pipes aux chapeaux Et de cette gaîté banale où nous nous plûmes.
Voici venir, ami très tendre, qui t'allumes Au moindre dé pipé, mon doux briseur de pots, Horatio, terreur et gloire des tripots, Cher diseur de jurons à remplir cent volumes,
Voici venir parmi les brumes d'Elseneur Quelque chose de moins plaisant, sur mon honneur, Qu'Ophélia, l'enfant aimable qui s'étonne.
C'est le spectre, le spectre impérieux! Sa main Montre un but et son oeil éclaire et son pied tonne, Hélas! et nul moyen de remettre à demain!
SONNET BOITEUX A Ernest Delahaye.
Ah! vraiment c'est triste, ah! vraiment ça finit trop mal. Il n'est point permis d'être à ce point infortuné. Ah! vraiment c'est trop la mort du naïf animal Qui voit tout son sang couler sous son regard fané.
Londres fume et crie. O quelle ville de la Bible! Le gaz flambe et nage et les enseignes sont vermeilles. Et les maisons dans leur ratatinement terrible Épouvantent comme un sénat de petites vieilles.
Tout l'affreux passé saute, piaule, miaule et glapit Dans le brouillard rose et jaune et sale des sohos Avec des indeeds et des all rights et des hâos.
Non vraiment c'est trop un martyre sans espérance, Non vraiment cela finit trop mal, vraiment c'est triste: O le feu du ciel sur cette ville de la Bible!