French poem
À Villiers de l’Isle-Adam
Tu nous fuis comme fuit le soleil sous la mer Derrière un rideau lourd de pourpres léthargiques, Las d’avoir splendi seul sur les ombres tragiques De la terre sans verbe et de l’aveugle éther.
Tu pars, âme chrétienne on m’a dit résignée Parce que tu savais que ton Dieu préparait Une fête enfin claire à ton cœur sans secret, Une amour toute flamme à ton amour ignée.
Nous restons pour encore un peu de temps ici, Conservant ta mémoire en notre espoir transi, Tels les mourants savourent l’huile du Saint-Chrême.
Villiers, sois envié comme il aurait fallu Par tes frères impatients du jour suprême Où saluer en toi la gloire d’un élu.