French poem
J’ai dit jadis
J’ai dit jadis que l’absence Est le plus cruel des maux, On s’y berce avec des mots, C’est l’horreur de la puissance
Sans la consolation Du moins de quelque caresse, On meurt sans qu’il y paraisse On est mort, dis-je, et si on
Feint de respirer encore, C’est bien machinalement. Ô ce découragement À voir se lever l’aurore.
Or, depuis que dans ces lieux Je souffre, — dès toi venue, — Par quelle force inconnue, Allé-je infiniment mieux ?
C’est l’histoire de l’éphèbe Mourant de la vierge au loin ! Qu’elle arrive et soit témoin, Comme il nargue et fuit l’Érèbe !
Et tant que j’y resterai, Accours en ce limbe blême : Moi qui déjà y’aime et t’aime, Ô que je t’adorerai !