French poem
Mais il te faut m’être si douce
Mais il te faut m’être si douce ! Car tu sais ou tu ne sais pas Que je suis faible et que mon pas Flageolle à la moindre secousse ;
Que mon cœur qui trôna jadis, Fier de sa puissance amoureuse, Tremble et s’alarme à tels petits, Tout petits flirts, riens, viande creuse ;
Que mon esprit naguère encor Triomphal en pleine lumière, Chu de son vol d’azur et d’or, A perdu sa gloire première ;
Qu’enfin mon âme toute en Dieu Lors d’un autrefois dont les anges Furent participants, au lieu Des cieux, erre ès-limbes étranges…
Qui, toi douce ! et tout est fini Du mal languide qui m’oppresse, — Et qu’à jamais ton nom béni Ferme les sceaux de ma détresse !