French poem
Visites
Je n’ai pas vu d’arbres ni d’herbe Ni de ciel, sinon un seul pan, Durant tout cet été superbe Dont on me rabat le tympan. Ah ça, m’aurait-on donc jeté Dans un cachot trop mérité ?
Non, je suis simplement malade, Mais un malade dès l’abord En plein large, à la débandade, Délire, coma, pris pour mort ; Puis je redevins l’alité Classique — à perpétuité ?
Et ce n’est pas que je m’ennuie, Au moins, dans l’asile où je suis. Pas de soleil, mais pas de pluie, J’y vis au frais, au chaud, et puis Des visiteurs assidûment Y charment mon isolement.
C’est toi d’abord, ô bien-aimée, M’apportant avec ta gaité Dorénavant douce, l’armée Des victorieux procédés Par quoi tu m’as toujours dompté, Conseil juste, forte bonté…
Et ne voilà-t-il pas encore, Ô miracle renouvelé De vingt ans passés, que j’implore Depuis lors, contrit, désolé, Que la grâce entre et me sourit De Notre-Seigneur Jésus-Christ !