Versos French Paul Verlaine Voilà bien

French poem

Voilà bien

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Voilà bien le déjà quantième jour de l’an Que tu me vois ici : le premier c’était en ***. Ah ! mon amour est vieux déjà de plus d’un lustre ; Et comme un qui s’accoude à même tel balustre Et paresseusement resonge aux biens, aux maux, Aux insignifiants événements, faits, mots, Pensers, de cette part quelconque de sa vie, Ainsi, moi, je souffre à nouveau colère, envie. Trahison : je jouis après des jours, des jours Et des jours et des jours et des bonnes amours Et des espoirs remplis jadis, et de la vie Enfin ! et malgré trahison, colère, envie !

Mais de tous ces memoranda le meilleur c’est Toi, quand ta forme, aimée à l’infini, glissait D’un pas léger malgré la majesté du buste Vers moi tout rassuré dès lors par ta voix, juste Au point par ma langueur loin de toi, douce voix, Divine voix dont les gaîtés sont des pavois Où trônent mes désirs triomphals en cette heure.

La voix s’envole, mais le souvenir demeure.