French poem
La Fille du Baron
by Pétrus Borel (1809–1859)
Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet !
Sèche tes pleurs, fille adorée. Tu peux puiser dans mon trésor ; Veux-tu briller à la vesprée ? Prends tous ces velours et cet or !
Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet !
Peux-tu préférer, ô ma fille ! Ce tant pauvret à d’Archambault, Dont l’estoc près du trône brille, Et qui même au roi parle haut.
Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet !
Il a trois châteaux en Touraine, Deux dans le Rhône se mirant. Tu serais grande suzeraine, Tu brillerais au premier rang.
Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet !
On te rendra partout hommage, Partout ! comme on le fait au roi, Les vassaux baiseront la plage Où passera ton palefroi.
Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet !
Ainsi, tu brave honneurs, famille, D’Archambault, mes vœux !… sans détour, Écuyers ! qu’on traîne ma fille Aux oubliettes de la tour !
Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet !