Versos French Pétrus Borel Le Médaillon d’Iseult

French poem

Le Médaillon d’Iseult

by (1809–1859)

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Bronze charmant donnant d’amour la fièvre, Verte émeraude où luit une beauté, Un ange, Iseult, au regard attristé ; Oh ! laissez-moi vous presser sur ma lèvre,

Laissez-moi cette volupté !

Volupté chaste, et la seule où j’aspire ; Car de mon doigt je n’oserais toucher Si belle enfant, peur de l’effaroucher ; Je la contemple, ivre de son empire,

Comme un pèlerin un clocher.

Tant sa beauté sur mon âme est puissante, Tant à son air mon cœur est épuré,

Tant pour ma bouche elle est vase sacré, Tant je révère une fleur languissante

Qui penche à son matin doré.

Jamais pistil n’eut plus belle corolle ! — Livre ton âme a la sécurité ; Pour le tombeau laisse ta piété ; Console-toi, toi, dont l’aspect console,

Assez longue est l’éternité.

Reste avec nous ! que ton exil s’achève Sombre, mais pur, ange au ciel attendu ! Va, dans la foule, un ami t’est rendu, Il te comprend, raconte-lui ton rêve ;

Qu’il guide ton pas éperdu.

Plus avec toi de solitude fade, Portrait divin ! car un portrait aimé, C’est une amie au langage embaumé, C’est pour mon cœur suave sérénade

Que berce un vent tout parfumé.

Qui t’a parfait ? bijou, bronze fragile, Et ce bonheur, qui me l’a fait ?… — c’est Jehan ! Ce bon ami, dont l’ébauchoir agile Sait éveiller Abélard de l’argile, Hugo, Calvin, Esmeralda, Roland,

En dépit d’Homère et Virgile.