French poem
Épitaphe sur la mort de damoiselle Élisabeth Ranquet, femme de Nicolas du Chevreul, écuyer, sieur d’Esturville
Ne verse point de pleurs sur cette sépulture, Passant : ce lit funèbre est un lit précieux, Où gît d’un corps tout pur la cendre toute pure ; Mais le zèle du cœur vit encore en ces lieux.
Avant que de payer le droit à la nature, Son âme, s’élevant au delà de ses yeux, Avoit au Créateur uni la créature ; Et marchant sur la terre elle étoit dans les cieux.
Les pauvres bien mieux qu’elle ont senti sa richesse : L’humilité, la peine étoient son allégresse ; Et son dernier soupir fut un soupir d’amour.
Passant, qu’à son exemple un beau feu te transporte, Et loin de la pleurer d’avoir perdu le jour, Crois qu’on ne meurt jamais quand on meurt de la sorte.