French poem
Épigrammes traduites du latin d’Audoënus
Jane, toute la journée, Dit que le joug d’hymenée Est le plus âpre de tous ; Mais la pauvre créature Tout le long de la nuit jure Qu’il n’en est point de si doux. Les huguenotes de Paris Disent qu’il leur faut deux maris ; Qu’autrement il n’est en nature De moyen par où, sans pécher. On puisse, suivant l’Écriture, Se mettre deux en une chair. Madame, dedans sa maison, Quinze jours avant la saison, Entend du coucou le ramage. « Mais c’est un homme qu’elle prend Pour ce bel oiseau de passage, » Ce dit Monsieur, qui la reprend. Pour moi plus outre je n’enfonce, Mais je vous laisse à deviner D’une si naïve réponse Ce que l’on peut s’imaginer. Depuis que l’hiver est venu, Je plains le froid qu’Amour endure, Sans songer que plus il est nu, Et tant moins il craint la froidure. Dans les divers succès de la fin de leur vie, Le prodigue et l’avare ont de quoi m’étonner ; Car l’un ne donne rien qu’après qu’elle est ravie, Et l’autre après sa mort n’a plus rien à donner. Catin, ce gentil visage, Épousant un huguenot, Le soir de son mariage Disoit à ce pauvre sot : « De peur que la différence En fait de religion, Rompant notre intelligence, Nous mette en division, Laisse-moi mon franc arbitre ; Et du reste de la foi, Je veux avoir le chapitre, Si j’en dispute avec toi. » Lorsque nous sommes mal, la plus grande maison Ne nous peut contenir, faute d’assez d’espace ; Mais sitôt que Philis revient à la raison, Le lit le plus étroit a pour nous trop de place.