Versos French Pierre Corneille Dialogue

French poem

Dialogue

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tirsis. Caliste, mon plus cher souci, Prends pitié de l’ardeur qui me dévore l’âme. caliste. Tirsis, ne vois-tu pas aussi Que mon cœur embrasé brûle de même flamme ? tirsis. Je n’ose l’espérer. caliste. Tu t’en peux assurer. tirsis. Mais mon peu de mérite Défend un si haut point à ma présomption. caliste. Mais cette récompense est plutôt trop petite Pour tant d’affection. tirsis. Je croirai, puisque tu le veux, Que maintenant mon mal aucunement te touche. caliste. La mort seule éteindra mes feux, Et j’en ai plus au cœur mille fois qu’en la bouche. tirsis. Je n’ose l’espérer. caliste. Tu t’en peux assurer. tirsis. Hélas ! que ton courage M’apprête de rigueurs à souffrir sous ta loi ! caliste. Ce que j’ai de rigueurs, j’en réserve l’usage Pour tout autre que toi. tirsis. Si quelqu’un plus riche ou plus beau, Et mieux fourni d’appas, à te servir se range ? caliste. J’élirois plutôt le tombeau, Que ma volage humeur se dispensât au change. tirsis. Je n’ose l’espérer. caliste. Tu t’en peux assurer. tirsis. Mais pourrois-tu, ma belle, Dédaigner un amant qui vaudroit mieux que moi ? caliste. Pourrois-je préférer à ton amour fidèle Une incertaine foi ? tirsis. Si la rigueur de tes parents À quelque autre parti plus sortable t’engage ? caliste. Les saints devoirs que je leur rends Jamais dessus ma foi n’auront cet avantage. tirsis. Je n’ose l’espérer. caliste. Tu t’en peux assurer. tirsis. Quoi ? parents, ni richesses, Ni grandeurs ne pourront ébranler tes esprits ? caliste. Tout cela, mis auprès de tes chastes caresses, Perd son lustre et son prix.