French poem
Chanson
Toi qui près d’un beau visage Ne veux que feindre l’amour, Tu pourrois bien quelque jour Éprouver à ton dommage Que souvent la fiction Se change en affection.
Tu dupes son innocence ; Mais enfin ta liberté Se doit à cette beauté Pour réparer ton offense ; Car souvent la fiction Se change en affection.
Bien que ton cœur désavoue Ce que ta langue lui dit, C’est en vain qu’il la dédit : L’amour ainsi ne se joue ; Et souvent la fiction Se change en affection.
Sache enfin que cette flamme Que tu veux feindre au dehors, Par des inconnus ressorts Entrera bien dans ton âme ; Car souvent la fiction Se change en affection.
Tirsis auprès d’Hippolyte Pensoit bien garder son cœur ; Mais ce bel objet vainqueur Le fit rendre à son mérite, Changeant en affection, Malgré lui, sa fiction.