French poem
Madrigal pour un masque donnant une boîte de cerises confites à une damoiselle
Allez voir ce jeune soleil, Cerises, je vous en avoue ; Montrez-lui votre teint vermeil Un peu moins que sa lèvre, un peu plus que sa joue ; Montrez-lui votre rouge teint, Où la nature a peint, Comme sur une vive image, La cruauté de son courage. Après, en ma faveur, dans le contentement Que vous aurez si la belle vous touche, Dites-lui secrètement, Approchant de sa bouche : « Philis, notre beauté Ne porte les couleurs que de la cruauté ; Mais ce qui la conserve et la fait être aimée, Ce n’est que la douceur qu’elle tient enfermée ; Ainsi doncque soyez, vous, Belle et douce comme nous. »
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