Versos French Pierre Corneille Sonnet

French poem

Sonnet

by

Listen in the reader

Après l’œil de Mélite il n’est rien d’admirable ; Il n’est rien de solide après ma loyauté : Mon feu, comme son teint, se rend incomparable, Et je suis en amour ce qu’elle est en beauté.

Quoi que puisse à mes sens offrir la nouveauté, Mon cœur à tous ses traits demeure invulnérable ; Et quoiqu’elle ait au sien la même cruauté, Ma foi pour ses rigueurs n’en est pas moins durable.

C’est donc avec raison que mon extrême ardeur Trouve chez cette belle une extrême froideur, Et que sans être aimé, je brûle pour Mélite ;

Car de ce que les Dieux, nous envoyant au jour, Donnèrent pour nous deux d’amour et de mérite, Elle a tout le mérite, et moi j’ai tout l’amour.