Versos French Pierre Corneille Stances

French poem

Stances

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Caliste, lorsque je vous voi, Dirai-je que je vous admire ? C’est vous dire bien peu pour moi, Et peut-être c’est trop vous dire.

Je m’expliquerois un peu mieux Pour un moindre rang que le vôtre : Vous êtes belle, j’ai des yeux, Et je suis homme comme un autre.

Que n’êtes-vous, à votre tour, Caliste, comme une autre femme ! Je serois pour vous tout d’amour, Si vous n’étiez point si grand’dame.

Votre grade hors du commun Incommode fort qui vous aime, Et sous le respect importun Un beau feu s’éteint de lui-même.

J’aime un peu l’indiscrétion Quand je veux faire des maîtresses ; Et quand j’ai de la passion, J’ai grand amour pour les caresses.

Mais si j’osois me hasarder Avec vous au moindre pillage, Vous me feriez bien regarder Le grand chemin de mon village.

J’aime donc mieux laisser mourir L’ardeur qui seroit maltraitée, Que de prétendre à conquérir Ce qui n’est point de ma portée.