French poem
J’avois esté saigné
J’avois esté saigné, ma Dame me vint voir Lorsque je languissois d’une humeur froide et lente : Se tournant vers mon sang, comme toute riante Me dist en se jouant, Que vostre sang est noir !
Le trop penser en vous a peu si bien mouvoir L’imagination, que l’ame obéissante A laisse la chaleur naturelle impuissante De cuire de nourrir de faire son devoir.
Ne soyez plus si belle, et devenez Medee : Colorez d’un beau sang ma face ja ridée. Et d’un nouveau Printemps faites moy r’animer.
Æson vit rajeunir son escorce ancienne : Nul charme ne sçauroit renouveller la mienne. Si je veux rajeunir il ne faut plus aimer.