French poem
Je fuy les grands chemins
Je fuy les grands chemins frayez du populaire, Et les villes où sont les peuples amassez : Les rochers, les forests desja sçavent assez Quelle trampe a ma vie estrange et solitaire.
Si ne suis-je si seul, qu’Amour mon secrétaire N’accompagne mes pieds débiles et cassez : Qu’il ne conte mes maux et presens et passez A ceste voix sans corps, qui rien ne sçauroit taire.
Souvent plein de discours, pour flatter mon esmoy, Je m’arreste, et je dy, Se pourroit-il bien faire Qu’elle pensast, parlast, ou se souvint de moy ?
Qu’à sa pitié mon mal commençast à desplaire ? Encor que je me trompe, abusé du contraire Pour me faire plaisir, Hélène, je le croy.