French poem
Je ne veux comparer
Je ne veux comparer tes beautez à la Lune : La Lune est inconstante, et ton vouloir n’est qu’un. Encor moins au Soleil : le Soleil est commun, Commune est sa lumière, et tu n’es pas commune.
Tu forces par vertu l’envie et la rancune. Je ne suis, te louant, un flateur importun. Tu semblés à toy-mesme, et n’a portrait aucun : Tu es toute ton Dieu, ton estre et ta Fortune.
Ceux qui font de leur Dame à toy comparaison. Sont ou présomptueux, ou perclus de raison : D’esprit et de sçâvoir de bien loin tu les passes :
Ou bien quelque Démon de ton corps s’est vestu, Ou bien tu es portrait de la mesme Vertu, Ou bien tu es Pallas, ou bien l’une des Grâces.