French poem
Poème 82 (Pardonne moi, Platon, si je ne…)
Pardonne moi, Platon, si je ne cuide, Que sous la vôute & grande arche des dieus, Soit hors du monde, ou au profond des lieus, Que Styx emmure, il n'i ait quelque vuide.
Si l'ær est plein en sa courbure humide, Qui reçoit donc tant de pleurs de mes yeus, Tant de soupirs, que je sanglote aus cieus, Lors qu'à mon dueil Amour lâche la bride ?
Il est du vague, ou certes s'il n'en est, D'un ær pressé le comblement ne naist : Plus tôt le ciel, qui benin se dispose
A recevoir l'effet de mes douleurs, De toutes pars se comble de mes pleurs, Et de mes vers qu'en mourant je compose.
More by Pierre de Ronsard
- Poème 79 (A ton frere Paris tu sembles…)
- Poème 8 (Lors que mon œil pour t’œillader…)
- Poème 80 (Si je trepasse entre tes bras,Madame…)
- Poème 81 (Pour voir ensemble & les chams…)
- Poème 83 (L'onde & le feu, ce sont…)
- Poème 84 (Si l'écrivain de la mutine armée…)
- Poème 85 (Pour celebrer des astres devestus…)
- Poème 86 (Estre indigent, & donner tout le…)