Versos French Pierre Quillard Flammes

French poem

Flammes

by

Listen in the reader

Parmi les âcres fleurs des lauriers, cette voix Évocatrice en nous de gloire révolue Émanait de la mer, du soir et d'autrefois:

«Enfants tristes, penchés vers l'ombre, l'ombre afflue Et monte jusqu'à vos lèvres avec les flots Dont vous enivriez votre âme irrésolue.

La séculaire nuit opprime vos yeux clos, Enfants tristes, et vos poitrines lacérées Se gonflent lâchement de stériles sanglots.

Si votre bouche a soif des aubes empourprées Et du sang lumineux qui sacre le matin Quel sortilège encor vous attrait aux vesprées?

D'un geste, dans la nuit, décisif et hautain, Reniez le poison des ondes léthéennes Et marchez sans retour vers un autre destin.»

Frénétiques, hors des ténèbres anciennes Nous avons fait jaillir dans le ciel morne et noir Une farouche aurore à la cime des chênes,

Et dociles au cri de désir et d'espoir, Nous respirons les roses rouges de la joie, Depuis que déjouant les embûches du soir

La torche avec l'épée à notre poing flamboie.