French poem
I
Des mots doux comme des hautbois Et des harpes surnaturelles, Des sons légers de chanterelles Et dans les bois, des voix, des voix.
Des couples blancs de tourterelles, Des oiseaux bleus couleur du temps; Des ailes d'or sur les étangs, Dans le ciel des ailes, des ailes.
Je ne sais où: je vois, j'entends. Voici venir la très aimée Et sa cheville parfumée Foule des tapis éclatants;
Sa robe candide est lamée De l'or du paradis natal; Des feux de myrrhe et de çantal L'entourent de blonde fumée.
Plus rien, plus rien! le deuil brutal, Le silence et l'ombre. Serait-ce Que la perfide enchanteresse A forgé ce mur de métal
Et clos dans la nuit vengeresse, Sans ailes d'or et sans hautbois, Les mots doux comme une caresse, Et les colombes, soeurs des voix?